13/02/2023
Une association cultuelle relevant de la loi du 9 décembre 1905 doit respecter des obligations renforcées de gouvernance, de transparence et, dans certaines situations, de certification de ses comptes. La qualification dépend notamment de son objet exclusivement cultuel, tandis que le régime applicable en Alsace-Moselle comporte des particularités.
Les financements étrangers, l’émission de reçus fiscaux, l’appel à la générosité du public, le montant du budget et le caractère mixte ou exclusivement cultuel de l’objet doivent être analysés chaque année.
Les associations cultuelles soumises à une obligation de certification des comptes doivent anticiper très tôt la gouvernance financière, la traçabilité des dons et l’organisation de leur audit légal. Pour comprendre plus largement le rôle du professionnel du chiffre dans les missions de contrôle, découvrez aussi notre page dédiée au commissariat aux comptes.
Cadre juridique
Hors Alsace-Moselle, une association cultuelle a pour objet exclusif l’exercice public d’un culte : célébration des cérémonies, entretien des édifices cultuels et formation ou entretien des ministres du culte. Une association ayant aussi des finalités culturelles, éducatives, sociales ou caritatives ne relève pas, en principe, de ce régime exclusif.
La déclaration de qualité cultuelle est distincte de la déclaration de création de l’association. Elle est adressée à la préfecture, produit effet pendant cinq ans sauf opposition du préfet et doit être renouvelée pour conserver les avantages attachés au statut cultuel.
Les dirigeants soumettent chaque année à l’assemblée générale les actes de gestion financière et d’administration des biens. L’association doit également établir annuellement l’inventaire de ses biens mobiliers et immobiliers.
Les dirigeants soumettent chaque année à l’assemblée générale les actes de gestion financière et d’administration des biens. L’association doit également établir annuellement l’inventaire de ses biens mobiliers et immobiliers.
Ressources autorisées
Une association cultuelle peut notamment percevoir les cotisations de ses membres, les dons manuels, donations et legs, les produits des quêtes et collectes, ainsi que certaines rétributions liées aux cérémonies et services religieux.
Elle ne peut en principe pas recevoir de subventions publiques. Des aides peuvent toutefois être admises pour des travaux nécessaires à la conservation ou à la réparation d’édifices cultuels, dans les limites prévues par les textes applicables.
Appel à la générosité
L’appel à la générosité du public vise les campagnes organisées afin de solliciter des dons auprès d’un public indéterminé, notamment par internet, mailing, presse, affichage, collecte en ligne ou événement de soutien. Il doit être distingué des cotisations ordinaires, des quêtes liées au culte et des ressources spontanément reçues sans campagne de sollicitation.
Pour une association cultuelle, une opération d’appel à la générosité doit faire l’objet d’une traçabilité complète : objet de l’appel, supports utilisés, période de collecte, fonds reçus, frais de collecte et affectation effective des ressources. Cette documentation est essentielle pour les organes de gouvernance, les donateurs et le commissaire aux comptes.
En Alsace-Moselle, l’association à objet exclusivement cultuel doit faire certifier ses comptes lorsqu’elle reçoit de la générosité publique pour un montant supérieur à 15 300 €. Pour une association à objet mixte, ce seuil est de 50 000 € ; elle doit alors établir un compte d’emploi annuel des ressources collectées.
Financements étrangers
Les associations concernées doivent déclarer les financements étrangers lorsque leur montant cumulé dépasse 15 300 € sur un exercice. La déclaration intervient dans les trois mois du franchissement du seuil ; chaque nouveau financement étranger reçu pendant le même exercice doit également être déclaré dans les trois mois de sa perception.
Les donations et legs provenant de l’étranger sont soumis à une déclaration systématique. Les associations d’Alsace-Moselle doivent en outre distinguer les comptes bancaires utilisés pour les activités cultuelles de ceux affectés aux autres activités.
Lorsqu’une association cultuelle reçoit plus de 50 000 € d’avantages ou de ressources d’origine étrangère, elle doit faire vérifier ses comptes par un commissaire aux comptes. Les ressources peuvent être versées en numéraire ou consenties en nature, notamment sous la forme de biens mobiliers ou immobiliers.
Particularités de l’audit
L’audit d’une association cultuelle exige une approche adaptée : contrôle des reçus fiscaux, rapprochement des flux collectés, examen du compte d’emploi des ressources et analyse du respect des obligations légales. Cette logique de mission spéciale peut être rapprochée de notre article sur le commissaire aux comptes ad hoc avant une levée de fonds, qui illustre l’adaptation des diligences à un contexte juridique précis.
Compte d’emploi des ressources
Lorsqu’il est requis, le compte d’emploi annuel des ressources retrace l’origine des dons collectés auprès du public et leur affectation. Il permet d’identifier les emplois consacrés aux missions sociales ou cultuelles annoncées, les frais de recherche de fonds, les frais de fonctionnement et les ressources restant à employer.
Ce document doit être cohérent avec les comptes annuels, les outils de collecte, les relevés bancaires, les campagnes de communication et les décisions de gouvernance. Le commissaire aux comptes vérifie la cohérence de l’information produite au regard des éléments probants collectés dans le cadre de sa mission.
Khadiri & Co
Khadiri & Co accompagne les associations cultuelles, associations à objet mixte et organismes faisant appel à la générosité du public dans la préparation de leurs comptes, l’organisation de leur contrôle interne et les missions de commissariat aux comptes.
À propos de l’auteur
Said Yanis Khadiri est expert-comptable et commissaire aux comptes à Paris. Il dirige Khadiri & Co, cabinet intervenant en expertise comptable, audit légal, commissariat aux comptes et accompagnement des organismes sans but lucratif.
FAQ
Q1- Une association cultuelle peut-elle faire appel à la générosité du public ?
Oui, sous réserve de respecter son objet, les règles applicables aux collectes et une traçabilité suffisante des fonds reçus et de leur emploi. L’analyse du statut juridique de l’association est indispensable.
Q2- Le CAC contrôle-t-il le compte d’emploi des ressources ?
Lorsque l’organisme doit établir un compte d’emploi annuel des ressources, le commissaire aux comptes apprécie sa cohérence avec les comptes annuels et les éléments collectés pendant l’audit.
Q3- Quels seuils surveiller en priorité ?
Les seuils de 15 300 €, 23 000 €, 50 000 €, 100 000 € et 153 000 € doivent faire l’objet d’un suivi, car leur effet dépend du statut, de la localisation et de la nature des ressources de l’association.
Q4- Les subventions publiques sont-elles autorisées ?
Une association cultuelle relevant de la loi de 1905 ne peut en principe pas recevoir de subvention publique, sous réserve des aides admises pour certains travaux de conservation ou de réparation d’édifices cultuels.service-public
Informations mises à jour le 2 septembre 2026. Ce contenu est général et ne constitue pas un avis juridique ou une consultation adaptée à une situation particulière.