10/08/2026
Pourquoi cet article ? Lorsqu'une jeune startup n'a pas encore fait approuver deux bilans successifs et prépare une levée de fonds (augmentation de capital par offre au public, émission d'actions de préférence avec avantages particuliers, émission d'obligations convertibles), le Code de commerce impose l'intervention d'un commissaire aux comptes ad hoc chargé de vérifier l'actif et le passif et, le cas échéant, les avantages particuliers attachés aux titres émis. Cette diligence, imposée à peine de nullité, sécurise les investisseurs entrants, protège les fondateurs et conditionne la validité juridique de l'opération. Khadiri & Co intervient en 48h à partir de 990 € HT pour délivrer un rapport conforme aux normes NEP et aux exigences H2A.
La règle des deux bilans est un principe protecteur ancien du droit français des sociétés : tant qu'une société par actions n'a pas fait approuver deux bilans successifs par ses actionnaires, la fiabilité de ses états financiers ne bénéficie pas encore de la sécurité d'un historique audité. Or, plusieurs opérations structurantes (levée de fonds avec offre au public, émission d'obligations, émission d'actions de préférence à des investisseurs nommément désignés) touchent directement aux droits des associés existants et des souscripteurs futurs.
Le législateur impose donc, pour ces opérations, l'intervention d'un professionnel indépendant — le commissaire aux comptes ad hoc (ou commissaire chargé de la vérification de l'actif et du passif) — afin de :
Le Code de commerce prévoit quatre situations principales imposant la désignation d'un commissaire ad hoc pour une société pré-levée :
Situation Texte applicable Mission déclenchée
Émission d'obligations par une SA/SAS/SCA n'ayant Art. L.228-39 C. com. Vérification de l'actif et du passif — à peine de nullité des obligations émises
pas établi deux bilans régulièrement approuvés
Augmentation de capital par offre au public réalisée Art. L.225-131 C. com. Vérification actif/passif + appréciation des avantages particuliers
moins de 2 ans après la constitution (hors placements (renvoi L.225-8 à L.225-10)
privés art. L.411-2 CMF)
Émission ou conversion d'actions de préférence à des Art. L.228-15 C. com. Commissaire aux avantages particuliers — indépendance stricte 3 ans
personnes nommément désignées
(BSA-AIR, OCA, ADP à effet de levier)
Acquisition par la société d'un bien appartenant à un Art. L.225-101 C. com. Appréciation de la valeur du bien acquis
actionnaire, dans les 2 ans suivant l'immatriculation,
pour un montant supérieur à un seuil
Point de vigilance SAS : depuis la loi Soilihi n° 2019-744 du 19 juillet 2019 (art. L.227-1 al. 3 C. com.), la SAS constituée après cette date est dispensée de la procédure des avantages particuliers lors de sa constitution. En revanche, la procédure redevient obligatoire en cours de vie sociale, notamment lors des levées de fonds (Cass. com. 13 mars 2024, n° 22-12.205 pour les SAS constituées avant le 20 juillet 2019 : la procédure L.225-14 reste applicable rétroactivement).
Le commissaire ad hoc n'est pas le commissaire aux comptes titulaire de la société : il est désigné ponctuellement pour une mission précise, avec une indépendance renforcée (art. L.821-31 C. com. et NEP-Ind).
Ses missions varient selon le fondement de sa nomination :
La procédure de nomination varie selon le fondement légal invoqué :
C'est la voie la plus fréquente pour les startups. Elle s'applique notamment lorsque les statuts ne prévoient pas de mode de désignation ou en cas d'absence d'unanimité des actionnaires.
Étapes pratiques :
Depuis l'ordonnance n° 2017-970 du 10 mai 2017, l'article L.228-39 permet désormais au commissaire chargé de la vérification de l'actif et du passif dans le cadre d'une émission d'obligations d'être désigné directement par « l'organe de la société ayant qualité pour décider ou autoriser l'émission d'obligations » — c'est-à-dire l'AGE, ou dans les SAS, l'organe compétent selon les statuts. Pour les OCA, l'AGE demeure obligatoire (art. L.228-92 C. com.).
Prévue pour les commissaires aux apports (art. L.225-147 C. com.), cette voie est rare dans les startups où le tour de table est déjà multi-partite.
Avant l'intervention du commissaire ad hoc, la startup doit préparer un dossier juridique complet. Les points de vigilance essentiels :
Vérification de la cohérence des statuts avec le projet de levée : capital autorisé, catégories d'actions existantes, clauses de préemption, agrément, exclusion ;
Rédaction ou mise à jour du pacte d'actionnaires : good/bad leaver, drag-along, tag-along, clauses de non-concurrence des fondateurs, obligations d'information ;
Adoption préalable des résolutions par l'AGE : délégation au président, prix d'émission, période de souscription, suppression du DPS si applicable.
Cohérence entre pacte et statuts : en droit des sociétés, les statuts prévalent sur le pacte d'actionnaires en cas de contradiction — la revue croisée est indispensable avant closing.
La vérification par le commissaire ad hoc s'étend obligatoirement aux engagements hors bilan, souvent minorés ou omis par les startups en phase de scale-up :
Le commissaire ad hoc ne se substitue pas à la due diligence des investisseurs, mais son rapport s'appuie sur la data room et sur les lettres d'affirmation signées par la direction. Ces lettres formalisent les déclarations de la direction sur :
Les diligences du commissaire ad hoc s'inspirent des Normes d'Exercice Professionnel (NEP) applicables aux missions particulières, notamment la NEP 9020 (missions du CAC prévues par convention avec l'entité) et la NEP 9030 (missions spéciales prévues par la loi ou le règlement).
Le rapport constitue le livrable central de la mission. Sa structure minimale comprend :
Le rapport est mis à la disposition des actionnaires au moins 8 jours avant l'assemblée générale (art. R.225-136 et R.225-114 C. com. par renvoi). Depuis l'ordonnance n° 2017-970, le rapport L.228-39 n'a plus à être déposé au greffe ; en revanche, le rapport L.225-147 (apports et avantages particuliers) reste déposé au RCS.
Khadiri & Co est un cabinet parisien d'expertise comptable et de commissariat aux comptes fondé en 1992, dirigé par Said Yanis Khadiri, expert-comptable et commissaire aux comptes inscrit à la CRCC de Paris, membre élu du Conseil National de la CNCC (7/10/2024), fort de 35+ années d'expérience en audit légal, missions spéciales, évaluation et accompagnement de sociétés en croissance.
Notre positionnement sur les missions de commissaire ad hoc pour startups pré-levée :
Contact : Khadiri & Co — 50 Avenue des Champs-Élysées, 75008 Paris — 01 56 89 22 22 — contact@khadiri.com — www.khadiri.com
Dans quatre situations principales : (1) émission d'obligations avant l'approbation de deux bilans (art. L.228-39 C. com.), (2) augmentation de capital par offre au public dans les 2 ans suivant la constitution (art. L.225-131), (3) émission d'actions de préférence avec avantages particuliers à des personnes nommées (art. L.228-15), (4) acquisition par la société d'un bien appartenant à un actionnaire dans les 2 ans (art. L.225-101).
La nomination par le tribunal de commerce prend 5 à 15 jours ouvrés. La mission elle-même peut être réalisée en 48 à 72 heures pour un dossier simple bien préparé (data room complète, comptes intermédiaires disponibles, lettre d'affirmation prête à signer). Prévoir 2 à 4 semaines pour un dossier complexe avec plusieurs catégories d'actions.
Oui, dès lors que des actions de préférence avec avantages particuliers sont émises au profit de personnes nommément désignées (fonds, business angels, dirigeants opérationnels). La dispense de la loi Soilihi ne concerne que la constitution de la SAS — la procédure L.228-15 s'applique intégralement aux opérations postérieures.
Oui. L'EJ CNCC 2017-60 confirme la compatibilité entre les missions L.225-131 (vérification actif/passif), L.225-101 (bien acquis d'actionnaire), L.228-15 (avantages particuliers) et L.228-39 (émission d'obligations sans deux bilans). Un seul commissaire ad hoc peut donc porter l'ensemble de la mission pour une même opération.
L'article L.228-39 C. com. sanctionne cette omission par la nullité des contrats conclus et des obligations émises. La nullité peut être invoquée par tout intéressé (souscripteur, associé, tiers), avec des conséquences dévastatrices : restitution des fonds, dommages-intérêts, mise en cause de la responsabilité des dirigeants.
Article publié le 10 août 2026 par Said Yanis Khadiri, expert-comptable et commissaire aux comptes, associé fondateur de Khadiri & Co